samedi 13 novembre 2010

La Controverse de Sion - par DOUGLAS REED (chap. 03)

Chapitre 3


LES LEVITES ET LA LOI



Durant les cent ans qui suivirent la conquête assyrienne d’Israël, les Lévites de Juda commencèrent à compiler la Loi écrite. En 621 av. J.-C., ils produisirent le Deutéronome et le lurent au peuple au Temple de Jérusalem.

Ce fut la naissance de la « loi mosaïque », que Moïse -s’il a jamais vécu -ne connut jamais. On l’appelle la loi mosaïque parce qu’elle lui est attribuée, mais les autorités s’accordent sur le fait qu’elle était le produit des Lévites, qui à l’époque et par la suite, firent sans cesse dire à Moïse (et donc, à Jéhovah) ce qui les arrangeait. La description correcte serait « la loi lévitique » ou « la loi judaïque ».

Le Deutéronome est au judaïsme et au sionisme officiels ce que le Manifeste communiste fut à la révolution destructrice de notre siècle. Il est le fondement de la Torah (« la Loi ») contenue dans le Pentateuque, qui lui-même forme la matière première du Talmud, qui donna naissance aux « commentaires » et aux commentaires-des­commentaires qui ensemble constituent la « loi » judaïque.

Par conséquent, le Deutéronome est aussi la base du programme politique de domination mondiale sur les nations spoliées et asservies, programme qui fut largement réalisé en Occident durant ce XXe siècle. Le Deutéronome est en rapport direct avec les événements actuels, et beaucoup de la confusion qui entoure ces événements se dissipe si on les étudie à sa lumière.

Le Deutéronome fut lu, en 621 av. J.-C., à un si petit auditoire, dans un si petit endroit, que ses conséquences énormes pour le monde entier, durant les siècles qui suivirent jusqu’à notre époque, sont par contraste des plus frappantes.

Avant que le Deutéronome ne soit compilé, seule la « tradition orale » des paroles de Dieu à Moïse existait. Les Lévites prétendaient être les gardiens consacrés de cette tradition et les tribus devaient les croire sur parole (leur prétentions à cet égard provoquaient particulièrement la colère des « prophètes » israélites). Si quoi que ce soit avait été rédigé avant qu’on ait lu le Deutéronome, de tels manuscrits étaient fragmentaires et sous la garde des prêtres, et aussi peu connus des membres des tribus que les poètes grecs ne le sont des paysans des collines du Kentucky aujourd’hui.

Que le Deutéronome fût différent de tout ce qu’on avait connu ou compris auparavant est implicite de par son nom, qui signifie « seconde Loi ». En fait, le Deutéronome était du judaïsme lévitique, révélé pour la première fois ; les Israélites (tel qu’on l’a déjà montré) « n’étaient pas des juifs » et n’avaient jamais connu cette « Loi ».

De manière significative, le Deutéronome qui apparaît en tant que cinquième livre de la Bible actuelle, avec l’air d’être naturellement issu des livres précédents, fut le premier livre à être terminé en entier. Même si la Genèse et l’Exode fournissent un contexte historique et l’accentuent, ils furent rédigés plus tard par les Lévites, et le Lévitique et les Nombres, les autres livres de la Torah, furent compilés encore plus tard.

Le Deutéronome prenait le contre-pied de la tradition ancienne, si celle-ci était en accord avec les commandements moraux. Toutefois, les Lévites étaient dans leur droit auto-accordé de faire tous les changements qu’ils souhaitaient, car ils déclaraient qu’ils pouvaient, par autorisation divine, modifier la Loi telle que révélée oralement par Dieu à Moïse, afin de répondre aux « conditions d’existence en perpétuelle évolution, dans l’esprit de l’enseignement traditionnel » (le Dr Kastein).

À cet égard, ils prétendaient aussi que Moïse avait reçu au Mont Sinaï une Torah orale secrète, qui ne devait jamais être consignée par écrit. Au vu de l’inclusion postérieure de l’Ancien Testament en un seul volume avec le Nouveau Testament chrétien, et la supposition du gentil [non-juif, païen -NdT] moyen qu’il a donc devant lui la « loi mosaïque » dans son intégralité, ce qualificatif est définitivement intéressant.

Le Talmud, tel que cité par le Dr Funk, dit : « Dieu a prévu qu’un jour viendrait où les païens s’empareraient de la Torah et diraient à Israël, “Nous aussi sommes fils de Dieu”. Alors l’Éternel dira : “Seul celui qui connaît mes secrets est mon fils”. Et quels sont les secrets de Dieu ? Les enseignements oraux ».

On dit aux quelques personnes qui entendirent le Deutéronome tel que lu en 621 av. J.-C., et qui ensuite apprirent les premiers ce que serait « la loi mosaïque », que les manuscrits avaient été « découverts ». Les autorités judaïstes actuelles rejettent cela et s’accordent sur le fait que le Deutéronome fut l’œuvre indépendante des Lévites dans la Juda isolée après le rejet de Juda par les Israélites et la conquête d’Israël. Le Dr Kastein explique l’affaire ainsi :

« En 621 av. J.-C., un manuscrit recouvert par la poussière des

siècles fut découvert parmi les archives. Il contenait une étrange

version des lois qui avaient été codifiées jusqu’alors, une sorte de

répétition et de variation de ces lois, donnant une foule d’instructions

concernant le devoir de l’homme envers Dieu et envers son prochain.

Il était rédigé sous la forme de discours censés avoir été délivrés à

Moïse juste avant sa mort de l’autre côté du Jourdain. Qui en était

l’auteur, cela est impossible à dire ».

Ainsi, le Dr Kastein, un zélote en attente de l’accomplissement littéral de « la loi mosaïque » dans chaque détail, ne croit pas que son auteur fût Jéhovah ou Moïse. Cela lui suffit qu’elle fût produite par les prêtres législateurs, qui pour lui sont l’autorité divine.

Nul aujourd’hui ne peut dire jusqu’à quel point le Deutéronome tel que nous le connaissons ressemble au Deutéronome tel qu’il fut lu en 621 av. J.-C., car les livres de l’Ancien Testament furent sans cesse modifiés jusqu’à l’époque de la première traduction, où d’autres modifications diverses furent faites, sans doute pour éviter une agitation excessive parmi les gentils. Nul doute que quelque chose fut supprimé alors, si bien que le Deutéronome dans sa forme originelle devait être vraiment violent, car ce qui demeure est déjà bien assez brutal.

L’intolérance religieuse est la base de cette « seconde Loi » (l’intolérance raciale allait suivre plus tard, dans une autre « nouvelle Loi »), et le meurtre au nom de la religion est son principe caractéristique. Cela nécessite la destruction des Commandements moraux, qui sont en fait mis en place pour mieux être démolis. Seulement ceux se rapportant à la vénération exclusive du Jéhovah « jaloux » sont laissés intacts. Les autres sont enterrés sous un grand monticule de « lois et jugements » (règlements institués pour ainsi dire sous une Loi dirigeante) qui les annulent de fait.

Ainsi, les commandements moraux contre le meurtre, le vol, l’adultère, la convoitise, la haine du prochain et autres du même genre, sont-ils viciés par une multitude de « lois » enjoignant expressément à massacrer les autres peuples, assassiner les apostats individuellement ou communautairement, prendre des concubines parmi les femmes captives, « détruire totalement » en ne laissant « rien en vie », « exclure l’étranger » de la remise de dettes, et autres exemples du même acabit.

Quand on arrive à la fin du Deutéronome, les commandements moraux ont été invalidés de cette manière, dans le but d’installer, sous l’apparence d’une religion, l’idée politique grandiloquente d’un peuple envoyé spécialement dans le monde pour détruire et « posséder » les autres peuples et pour dominer la Terre. L’idée de destruction est essentielle au Deutéronome. Si elle est enlevée, nul Deutéronome, ou loi mosaïque, ne subsiste.

Ce concept de destruction en tant qu’article de foi est unique, et son apparition en pensée politique (par exemple, dans la philosophie communiste) pourrait à l’origine provenir de l’enseignement du Deutéronome, car il n’y a pas d’autre source vérifiable.

Le Deutéronome est avant tout un programme politique complet : l’histoire de la planète, créée par Jéhovah pour ce « peuple spécial », doit se terminer par le triomphe de ce peuple et la ruine de tous les autres. Les récompenses offertes aux fidèles sont exclusivement matérielles : massacres, esclaves, femmes, butins, terres, empires. La seule condition imposée pour ces récompenses est l’observance des « lois et jugements » qui commandent essentiellement la destruction des autres. La seule culpabilité définie réside dans la non-observance de ces lois. L’intolérance est spécifiée en tant qu’observance, la tolérance en tant que non-observance -par conséquent, culpabilité. Les châtiments prescrits sont de ce monde et matériels, non spirituels. La conduite morale, pour peu qu’elle soit exigée, est requise uniquement envers les coreligionnaires, et les « étrangers » en sont exclus.

Cette forme unique de nationalisme fut présentée pour la première fois aux Judaïtes dans le Deutéronome, en tant que « Loi » de Jéhovah et parole littérale, adressée par ce dernier à Moïse. La notion de domination mondiale par la destruction est introduite au début (chapitre 2) de ces « discours censés avoir été délivrés » par un Moïse agonisant :

« L’Éternel m’adressa la parole, et dit… À partir d’aujourd’hui, je répandrai la terreur et la crainte de toi parmi les peuples qui sont sous tous les cieux, qui entendront parler de toi, et trembleront, et seront dans l’angoisse à cause de toi ». En témoignage de cela, le destin de deux peuples est en même temps montré. Le roi de Sihon et le roi de Bashân « sorti[ren]t se battre contre nous, lui et tout son peuple », sur quoi ils furent « totalement détruits, les hommes et les femmes et les petits enfants », seul le bétail fut épargné et « le butin » emporté « en guise de proie pour nous » (l’insistance sur la destruction totale est un thème récurrent et significatif de ces anecdotes illustratives).

Ces premiers exemples du pouvoir de Jéhovah à détruire les païens sont suivis par le premier des nombreux avertissements stipulant qu’à moins que « les lois et jugements » ne soient observés, Jéhovah punira son peuple spécial en le dispersant parmi les païens. L’énumération de ces « lois et jugements » suit les Commandements, dont la validité morale est détruite en même temps par une promesse de massacre tribal :

« Sept nations plus grandes et plus puissantes que toi » doivent être livrées aux mains des Judaïtes, et : « Tu les détruiras entièrement ; tu ne feras aucune alliance avec elles, et tu ne leur montreras aucune pitié… tu détruiras leurs autels… car tu es un peuple saint pour l’Éternel ton Dieu ; l’Éternel ton Dieu t’a choisi pour que tu sois un peuple spécial à ses yeux, entre tous les peuples qui sont sur la surface de la terre… Tu seras béni entre tous les peuples… Et tu consumeras tous les peuples que l’Éternel ton Dieu te livrera ; tes yeux seront sans pitié envers eux… l’Éternel ton Dieu enverra les frelons contre eux, jusqu’à ce que ceux qui restent et qui se cachent de toi, soient détruits… Et l’Éternel ton Dieu expulsera ces nations devant toi petit à petit… Mais l’Éternel ton Dieu te les livrera, et les

détruira par une destruction puissante jusqu’à ce qu’il soient

détruits… Et il livrera leurs rois entre tes mains, et tu détruiras leur

nom de dessous les cieux ; aucun homme ne sera capable de se tenir

devant toi, jusqu’à ce que tu l’aies détruit…»

Arrivés au XXe siècle de notre ère, les peuples de l’Occident, dans l’ensemble, avaient cessé d’attacher toute signification actuelle à ces incitations, mais les peuples directement concernés ne pensaient pas la même chose. Par exemple, la population arabe de Palestine fuit en masse sa terre d’origine après le massacre de Deir Yassin en 1948, parce que cet événement signifiait pour eux (tel que ses auteurs l’avaient voulu) que s’ils restaient, ils seraient « entièrement détruits ».

Ils savaient que les dirigeants sionistes, en train de palabrer avec les politiciens britanniques et américains du lointain Occident, avaient déclaré à plusieurs reprises que « la Bible est notre Mandat » (le Dr Chaim Weizmann), et ils savaient (si les populations occidentales ne le réalisaient pas) que l’allusion se référait à des passages tels que ceux ordonnant la « destruction totale » des populations arabes. Ils savaient que les dirigeants occidentaux avaient soutenu et continueraient à soutenir les envahisseurs et ainsi, ils n’avaient même pas l’espoir d’une simple survie, sinon dans la fuite. Ce massacre de 1948 ap. J.­

C. se rapporte directement aux « loi et jugements » stipulés au chapitre 7 du livre de la Loi, que les Lévites terminèrent et lurent en 621 av. J.­

C.

Les incitations et la séduction du Deutéronome continuent : « … Va prendre possession des nations plus grandes et plus puissantes que toi… l’Éternel ton Dieu ira lui-même devant toi ; tel un feu dévorant il les détruira, et il les terrassera devant toi ; alors tu les chasseras, et les détruiras promptement, comme l’Éternel te l’a dit… Car si tu observes avec zèle tous ces commandements que je t’ordonne… alors l’Éternel chassera devant toi toutes ces nations, et tu posséderas des nations plus grandes et plus puissantes que toi-même… même les côtes de la mer occidentale seront tiennes. Aucun homme ne sera capable de se tenir devant toi : car l’Éternel ton Dieu répandra la crainte et la terreur de toi sur toute terre que tu fouleras… »

Ensuite, Moïse, dans ce compte rendu, énumère les « lois et jugements » qui doivent être « observés » si l’on veut que toutes ces récompenses soient obtenues, et une fois encore « la Loi » est de détruire :

« Voici les lois et jugements, que tu observeras et pratiqueras… Tu

détruiras entièrement tous les lieux dans lesquels les nations que tu

posséderas ont servi leurs dieux… Quand l’Éternel ton Dieu aura

exterminé les nations devant toi, où tu iras pour les posséder, que tu

prendras leur place, et t’installeras sur leur terre : prends garde à ne pas tomber dans le piège en les suivant… et ne t’enquiers pas de

leurs dieux. »

Ce principe de « la Loi » exige du fidèle qu’il détruise les autres religions. Impartiale quand elle fut promulguée, elle acquit une application spécifique dans les siècles qui suivirent, du fait que la foi chrétienne se répandait, et la majorité des juifs à l’époque évoluait dans la même zone géographique : l’Occident. (Cela faisait de la chrétienté l’objectif premier de l’ordre de « destruction totale des lieux… », et le dynamitage des cathédrales russes, l’ouverture des « musées anti-Dieu », la canonisation de Judas et autres actions des premiers gouvernements bolchevistes, qui étaient constitués aux neuf dixième de juifs de l’Est, furent à l’évidence des actes d’« observance » sous cette « loi » du Deutéronome).

Les idées d’inquisition des hérétiques et des dénonciateurs, que l’Occident utilisa dans ses périodes rétrogrades et renia dans ses périodes éclairées, trouvent aussi leur source originelle (à moins que quelqu’un puisse en localiser une plus ancienne) dans le Deutéronome. De peur qu’un tel hérétique ne remette en question la Loi de la destruction, résumée dans les paragraphes précédents, le Deutéronome stipule ensuite que « si parmi vous s’élève un prophète ou un rêveur de rêves… (il) sera mis à mort » ; la crucifixion de Jésus (et la mort de nombreux protestataires contre le judaïsme littéral) tombent sous le coup de cette « loi ».

La dénonciation des proches qui s’attirent la suspicion d’hérésie est exigée. Ce fut le moyen terroriste introduit en Russie par les bolchevistes en 1917 et copié en Allemagne par les nazis en 1933. À l’époque, le monde chrétien exprima son horreur devant ces innovations barbares, mais la méthode est clairement stipulée dans le Deutéronome, qui exige que quiconque déclare « Allons servir d’autres dieux » soit dénoncé par ses frères, sœurs, fils, filles, épouses et ainsi de suite, et lapidé à mort.

De manière caractéristique, le Deutéronome ordonne que la main du parent génétique ou de l’épouse soit « la première levée » sur la victime de la dénonciation au moment de la mise à mort, et seulement ensuite, « la main de tous ». Cette « ordonnance de la Loi » est toujours observée de nos jours, dans une certaine mesure dictée par les conditions locales et autres circonstances. Les apostats ne peuvent être publiquement lapidés à mort dans l’environnement de communautés étrangères, où la loi de « l’étranger » pourrait considérer cela comme un meurtre, si bien qu’une déclaration officielle de « mort » et de cérémonie de deuil remplace symboliquement la peine judiciaire ; voir le compte rendu du Dr John Goldstein sur le rite symbolique et la tentative récente d’exiger la peine littérale, qui durant des siècles fut souvent infligée à l’intérieur de communautés juives fermées où la loi de « l’étranger » n’avait pas prise.

La Loi ordonne aussi que des communautés entières soient massacrées sous l’accusation d’apostasie : « Tu châtieras avec assurance les habitants de cette ville avec le tranchant de l’épée, la détruisant totalement, et tout ce qui s’y trouve ».

Concernant la destruction des villes, le Deutéronome fait la distinction entre les villes proches (c’est-à-dire palestiniennes) et les villes lointaines. Quand une « ville lointaine » a été prise, « tu en châtieras tous les mâles avec le tranchant de l’épée, mais les femmes, et les petits enfants, et le bétail, et tout ce qui se trouve dans la ville, même tout le butin, tu les prendras pour toi… ». Cette incitation concernant les femmes faites prisonnières est un thème récurrent, et le Deutéronome décrète la loi selon laquelle un ravisseur judaïte qui voit parmi les prisonnières « une belle femme » a le droit de l’emmener chez lui, mais que s’il n’en avait « aucune jouissance », il aurait le droit de la renvoyer.

Le cas d’une ville proche est différent ; la loi de destruction totale (que Saül transgressa) prévaut. « Mais à propos des villes de ces gens que l’Éternel ton Dieu te donne en héritage, tu ne laisseras en vie rien qui respire ; Mais tu les détruiras entièrement… comme l’Éternel ton Dieu te l’a ordonné ». (Ce verset 16 du chapitre 20, une fois encore, explique la fuite massive des Arabes palestiniens après Deir Yassin, où rien de ce qui respirait ne fut épargné. Ils virent que cet accomplissement littéral de la Loi de 621 av. J.-C. était à l’ordre du jour en 1948 ap. J.-C., et que les puissances occidentales étaient derrière cet accomplissement de la Loi de « destruction totale »).

La Seconde Loi continue : « Tu es un peuple saint pour l’Éternel ton Dieu, et l’Éternel t’a choisi pour être un peuple cher à ses yeux, entre toutes les nations qui sont sur la terre ». D’autres « lois et jugements » stipulent ensuite que « tout ce qui meurt de lui-même », étant impur, ne peut être mangé, mais « tu le donneras à l’étranger… ou tu pourras le lui vendre ; car tu es un peuple saint pour l’Éternel ton Dieu ».

Tous les sept ans, un créancier devra remettre la dette de son « voisin », mais « celle d’un étranger, tu pourras encore l’exiger ». Le chapitre 10 (étonnamment dans ce contexte) dit : « Tu aimeras donc l’étranger ; car tu étais toi-même étranger en terre d’Égypte », mais le chapitre 23 apporte l’annulation habituelle : « Tu ne prêteras pas avec intérêt à ton frère… à un étranger tu pourras prêter avec intérêt » (et des exemples plus graves de cette discrimination légale entre le « voisin » et « l’étranger » apparaissent dans les livres postérieurs, comme on le verra).

Le Deutéronome se termine par le thème prolongé, houleux et rageur de la-malédiction-ou-la-bénédiction. Moïse, sur le point de mourir, exhorte une fois de plus « le peuple » à choisir entre les bénédictions ou les malédictions, et les deux sont énumérées.

Les bénédictions sont exclusivement matérielles : la prospérité par l’augmentation de la famille, des récoltes et du bétail ; la défaite des ennemis ; et la domination mondiale. « l’Éternel ton Dieu t’élèvera au dessus de toutes les nations de la terre… l’Éternel fera de toi un peuple saint pour lui… Et tous les peuples de la terre verront que tu es appelé du nom du Seigneur ; et ils te craindront… tu prêteras à de nombreuses nations, et tu n’emprunteras pas. Et l’Éternel fera de toi la tête, et pas la queue ; et tu seras uniquement au dessus, et pas en dessous… »

Ces bénédictions s’étendent sur treize versets ; les malédictions sur quelque cinquante ou soixante. La divinité au nom de laquelle les malédictions sont clairement prononcées était considérée comme capable de faire le mal (en fait, cela est explicitement mentionné dans un livre postérieur, Ézéchiel, comme on le montrera).

Le judaïsme littéral est en définitive basé sur la terreur et la peur, et la liste des malédictions exposées au chapitre 23 de la seconde Loi montre l’importance que les prêtres attachaient à cette pratique de la malédiction (dont les judaïstes littéraux considèrent l’usage efficace jusqu’à ce jour). Ces malédictions, qu’on s’en rappelle, sont les peines pour non-observance, pas pour transgression morale ! « Si tu ne prêtes pas l’oreille à la voix de l’Éternel ton Dieu, si tu n’observes pas et n’appliques pas tous ses commandements et lois… toutes ces malédictions s’abattront sur toi… »

Les villes et les habitations, les enfants, les récoltes et le bétail, seront maudits « jusqu’à ce que tu sois détruit et que tu périsses entièrement ». La peste, la lèpre, les inflammations, le mildiou, les ulcères, les hémorroïdes, les croûtes, les démangeaisons, la démence, la famine, le cannibalisme et la sécheresse sont spécifiés. Les épouses des hommes coucheront avec d’autres hommes ; leurs enfants mourront en esclavage ; tout ceux qui resteront chez eux seront dévorés par leurs parents, le père et la mère se disputant leur chair et refusant que les enfants encore en vie y touchent. (Ces malédictions étaient inclues dans le Bannissement ultime quand il était prononcé contre les apostats jusqu’à une époque relativement récente, et sont probablement en usage aujourd’hui dans les places fortes de la communauté juive talmudique).

Les maladies et les catastrophes devaient punir le peuple « si tu n’observes pas et ne mets pas en pratique toutes les paroles de cette loi qui sont écrites dans ce livre, dans la crainte de ce nom glorieux et redoutable, l’Éternel Ton Dieu… J’en appellerai au ciel et à la terre pour témoigner contre toi, j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ; alors choisis la vie, afin que toi et ta progéniture viviez à jamais ».

Telles étaient la vie et la bénédiction que les Judaïtes, rassemblés au Temple en 621 av. J.-C., furent exhortés par leur chef de clan Josias -le porte-parole des prêtres -à choisir, au nom de Jéhovah et de Moïse. Le but et la signification de l’existence, sous cette « Loi mosaïque », étaient la destruction et l’asservissement des autres par amour du pillage et du pouvoir. À compter de ce moment-là, Israël dut sans doute s’estimer heureuse d’avoir été déclarée morte et d’avoir été exclue d’un tel monde à venir. Les Israélites s’étaient mêlés au courant plein de vie de l’humanité ; les Judaïtes restèrent échoués sur ses rives, aux mains du pouvoir de prêtres fanatiques qui leur ordonnaient, sous peine de « toutes ces malédictions », de détruire.

À la terreur inspirée par « toutes ces malédictions », les Lévites ajoutèrent aussi la séduction. Si « le peuple répondait et obéissait à la voix du Seigneur et accomplissait tous ses commandements… », alors « toutes ces malédictions » seraient transférées à leurs « ennemis » (non parce qu’ils avaient péché, mais simplement pour gonfler la mesure de la bénédiction accordée aux Judaïtes réhabilités !)

Dans ce principe, le Deutéronome révélait on ne peut plus clairement le statut attribué aux païens par la seconde Loi. En dernière analyse, « les païens » n’ont pas d’existence légale sous cette Loi ; comment pourraient-ils en avoir une, quand Jéhovah ne « connaît » que son « peuple saint » ? Pour autant que leur existence réelle soit admise, elle l’est seulement pour des raisons telles que celles mentionnées au verset 65, chapitre 28 et au verset 7, chapitre 30 : à savoir, accueillir les Judaïtes quand ils sont dispersés pour leurs transgressions et ensuite, quand leurs hôtes se repentent et sont pardonnés, hériter des malédictions levées de sur les Judaïtes régénérés. Il est vrai que le second verset cité donne le prétexte que « toutes ces malédictions » seront transférées aux païens parce qu’ils « haïssaient » et « persécutaient » les Judaïtes, mais comment pourrait-on les blâmer pour cela, quand la seule présence des Judaïtes parmi eux n’était que le résultat de « malédictions » punitives infligées par Jéhovah ? Car Jéhovah lui-même, selon un autre verset (64, chapitre 28), s’attribuait le mérite d’infliger la malédiction de l’exil sur les Judaïtes :

« Et l’Éternel te dispersera parmi tous les peuples, d’un bout à l’autre

de la terre… et parmi ces nations, tu ne trouveras aucun réconfort, et

la plante de ton pied ne trouvera pas le repos… »

Le Deutéronome emploie ce double language -pour utiliser un idiome moderne -d’un bout à l’autre : l’Éternel prive le peuple spécial de foyer, et le met parmi les païens, à cause de ses transgressions ; les païens, qui ne sont à blâmer ni pour cet exil ni pour ces transgressions, sont ses « persécuteurs » ; par conséquent, les païens seront détruits.

On comprend mieux l’attitude judaïste envers le reste de l’humanité, la création et l’univers en général, quand on considère ce point et les passages qui s’y rapportent -tout particulièrement la plainte constante que les juifs sont « persécutés » partout, plainte qui dans une tonalité ou dans une autre se retrouve dans quasi toute la littérature juive. Pour quiconque acceptant ce livre comme la Loi, la simple existence des autres est en fait persécution ; le Deutéronome laisse clairement entendre cela.

Le juif le plus nationaliste et le juif le plus éclairé s’accordent souvent sur une chose : ils ne peuvent réellement considérer le monde et ses affaires que sous un angle juif, et vu de cet angle, « l’étranger » semble insignifiant. Ils le pensent, donc c’est vrai ; ceci est l’héritage de vingt-cinq siècles de pensée juive ; même les juifs qui se rendent compte de l’hérésie ou de l’illusion ne sont pas toujours capables de se défaire totalement de ce cauchemar jeté sur leurs esprits et leurs âmes.

Le passage du Deutéronome cité en dernier montre que la secte dirigeante décrivit l’absence de terre en même temps que la loi décrétée par le dieu du peuple spécial, et comme une persécution commise par les ennemis du peuple spécial, méritant « toutes ces malédictions ». Pour des esprits d’un égotisme aussi extrême, un attentat politique dans lequel 95 gentils et 5 juifs perdent la vie ou leurs biens est tout bonnement une catastrophe anti-juive, et en cela ils ne sont pas consciemment hypocrites. Au XXe siècle, ce critère de jugement a été propulsé dans les vies des autres peuples et appliqué à tous les événements majeurs, concernant les épreuves de l’Occident. Ainsi, vivons-nous au siècle de l’illusion lévitique.

Ayant entrepris de jeter « toutes ces malédictions » sur des innocents, si les Judaïtes devaient revenir à l’observance de « toutes ces lois et jugements », le Moïse ressuscité du Deutéronome promit une bénédiction de plus : « l’Éternel ton Dieu viendra devant toi, et il détruira ces nations devant toi, et tu les posséderas… », et enfin, on lui permit de mourir en terre de Moab.

C’est dans « la Loi mosaïque » que l’idée destructrice a pris forme ­idée qui devait menacer la civilisation chrétienne et l’Occident (qui étaient tous les deux inconcevables à l’époque). Durant l’ère chrétienne, une assemblée de théologiens décida que l’Ancien et le Nouveau Testament devaient être réunis dans un seul livre, sans aucune différenciation, tels la tige et la fleur, et non tels un objet immobile et une puissance irrésistible. L’encyclopédie que j’ai sous les yeux au moment où j’écris déclare laconiquement que les églises chrétiennes acceptent l’Ancien Testament comme étant « d’autorité divine égale » à celle du Nouveau Testament.

Cette acceptation inconditionnelle couvre la totalité du contenu de l’Ancien Testament et pourrait être la source originelle de beaucoup de confusion au sein des églises chrétiennes et de beaucoup d’affolement parmi les masses qui recherchent le christianisme, car le dogme exige la croyance simultanée en des choses contraires. Comment le même Dieu, par commandement à Moïse, peut-il avoir ordonné aux hommes d’aimer leur prochain et de « détruire totalement » leur prochain ? Quel rapport peut-il y avoir entre le Dieu universel et aimant de la révélation chrétienne et la divinité maudissante du Deutéronome ?

Mais si en réalité, tout l’Ancien Testament -y compris ces commandements ainsi que d’autres -est « d’autorité divine égale » au Nouveau Testament, alors l’Occidental d’aujourd’hui a le droit de l’invoquer pour justifier les actes par lesquels la chrétienté s’est reniée le plus : l’importation d’esclaves africains en Amérique par les colons britanniques, le traitement des Indiens d’Amérique du Nord par les colons américains et canadiens, et la domination sévère des Afrikaners sur les Bantous d’Afrique du Sud. Il peut à juste titre faire directement porter la responsabilité de toutes ces choses à son curé ou à son évêque chrétien, si ce dernier enseigne que l’Ancien Testament, avec son injonction continuelle à massacrer, asservir et piller est « d’autorité divine égale ». Aucun ecclésiastique chrétien ne peut s’estimer irréprochable s’il enseigne cela. La décision théologique qui mit en place ce dogme projeta sur la chrétienté et sur les siècles à venir l’ombre du Deutéronome tel qu’il retomba sur les Judaïtes eux-mêmes quand on le leur lit en 621 av. J.-C.

Seul un autre écrit eut jamais un effet comparable sur les esprits des hommes et sur les générations futures ; si l’on s’autorise quelque simplification, la plus tentante est de voir l’histoire entière de l’Occident, et en particulier de ce XXe siècle décisif, comme une bataille entre la Loi mosaïque et le Nouveau Testament et entre les deux corps de l’humanité qui se rangent derrière l’un ou l’autre de ces deux messages respectifs de haine et d’amour.

Dans le Deutéronome, le judaïsme est né, mais il serait mort-né, et on aurait peut-être plus jamais entendu parler du Deutéronome, si cette question n’avait dépendu que des Lévites et de leurs Judaïtes prisonniers. Ils n’étaient pas nombreux ; et une nation cent fois plus nombreuse n’aurait jamais pu espérer imposer cette doctrine barbare au monde par la force de son seul pouvoir. Il n’y avait qu’une façon pour que « la Loi mosaïque » puisse gagner en vie et en puissance et devenir une influence perturbatrice dans la vie des autres peuples durant les siècles à venir. C’était si un « étranger » influent (parmi tous ces étrangers qu’il fallait encore maudire), un roi puissant de ces « païens » qu’il fallait encore détruire, la défendait avec armes et richesses.

Justement, cela était sur le point d’arriver quand Josias lut la seconde Loi au peuple en 621 av. J.-C., et cela devait se répéter continuellement au cours des siècles jusqu’à nos jours : l’invraisemblance gigantesque de la chose se confronte au fait tout aussi important et démontrable que c’est pourtant bien ce qui se passa ! À maintes reprises, les dirigeants de ces « autres nations » qui devaient être dépossédées et détruites épousèrent la doctrine destructrice, firent les volontés de la secte dominante, et au détriment de leur propres peuples l’aidèrent à servir son étrange ambition.

Environ vingt ans après la lecture du Deutéronome à Jérusalem, Juda fut conquise par le roi babylonien, en 596 av. J.-C. environ. À l’époque, l’affaire avait tout l’air d’être terminée, et à vrai dire c’était une affaire insignifiante en elle-même, parmi les grands événements de cette période. Juda n’exista plus jamais en tant qu’État indépendant, et n’étaient les Lévites, leur seconde Loi et l’aide étrangère, les Judaïtes -comme les Israélites -auraient fini par s’impliquer dans l’humanité.

Au lieu de cela, la victoire babylonienne fut le début de l’affaire ­ou de ses conséquences énormes pour le monde. La Loi, au lieu de mourir, devint plus forte à Babylone, où pour la première fois un roi étranger lui donna sa protection. Le permanent État-dans-les-États, nation-dans-les-nations fut projeté -une première -dans la vie des peuples ; la première expérience d’usurpation de pouvoir et de contrôle sur eux fut acquise. Beaucoup de souffrance pour les autres peuples se tramait alors.

Concernant les Judaïtes, ou les judaïstes et les juifs qui en émergèrent, il semble qu’ils héritèrent de l’avenir le plus malheureux qui soit. En tous les cas, ce n’est pas un homme heureux (même s’il s’agit d’un écrivain juif actuel, M. Maurice Samuel) qui, 2500 ans plus tard, écrivit : « … nous les juifs, les destructeurs, resteront les destructeurs à jamais… rien de ce que les gentils feront ne répondra à nos besoins et nos exigences »

À première vue cela semble railleur, venimeux, éhonté. L’étudiant appliqué de la controverse du sionisme découvre que cela ressemble plus à un cri de désespoir, tel que la « Loi mosaïque » doit en arracher à tout homme qui sent qu’il ne peut échapper à son impitoyable doctrine de destruction.


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La Controverse de Sion - par DOUGLAS REED (chap. 02)

Chapitre 2

LA FIN D’ISRAËL

Environ cinq cents ans avant l’événement de 458 av. J.-C., soit pratiquement trois mille ans avant aujourd’hui, l’association brève et mouvementée entre Juda et les Israélites (« les enfants d’Israël ») prit fin. Israël rejeta la doctrine du peuple élu qui commençait à prendre forme en Juda, et partit de son côté. (L’adoption du nom « Israël » par l’État sioniste mis en place en Palestine en 1948 était un faux prétexte flagrant).
Les événements qui menèrent à cette union courte et malheureuse remontent aux siècles précédents. La période mythologique ou légendaire de Moïse fut suivie par une période en Canaan durant laquelle « Israël » fut l’entité forte, cohésive et reconnaissable -la confédération nordique des dix tribus. Juda (que la très petite tribu de Benjamin avait rejointe) était un petit royaume insignifiant du sud.
Juda, dont descend le sionisme d’aujourd’hui, était une tribu de mauvaise réputation. Juda vendit son frère Joseph, le fils préféré de Jacob-dit-Israël, aux Ismaélites pour vingt deniers d’argent (comme bien plus tard Judas, le seul Judéen parmi les apôtres, trahit Jésus pour trente deniers d’argent), et fonda ensuite la tribu dans l’inceste (La Genèse 37-38). Les scribes religieux, qui écrivirent ce compte rendu biblique des siècles plus tard, s’étaient rendus les maîtres de Juda, et comme il altéraient la tradition orale à chaque fois que cela leur convenait, la question se pose : pourquoi se donnèrent-ils la peine de préserver, ou même peut-être d’insérer, cette attribution de commencements incestueux et cette nature perfide au même peuple qui, disaient-ils, était l’élu de Dieu ? La chose est mystérieuse, comme bien d’autres choses dans les Écritures lévitiques, et seuls les cercles fermés de la secte pourraient fournir une réponse.
Quoiqu’il en soit, ces Écritures et les autorités actuelles s’accordent sur la séparation d’« Israël » et de « Juda ». Dans l’Ancien Testament, Israël est souvent appelée « la maison de Joseph », distinguée sans équivoque de « la maison de Juda ». L’Encyclopaedia Juive dit : « Joseph et Juda représentent deux lignages distincts » et ajoute (tel que déjà cité) que Juda était « selon toute probabilité une tribu non-israélite ». L’Encyclopaedia Britannica dit que le judaïsme se développa bien après que les Israélites se furent mélangés à l’humanité, et que la véritable relation entre les deux peuples est le mieux exprimée dans cette phrase : « Les Israélites n’étaient pas des juifs ». Historiquement, Juda devait survivre pendant un petit moment et amener le judaïsme, qui engendra le sionisme. Israël devait disparaître en tant qu’entité, et tout arriva de cette manière :
La petite tribu du sud, Juda, se retrouva identifiée à la tribu sans terre, celle des Lévites. Ces prêtres héréditaires, qui prétendaient que leur fonction leur avait été conférée par Jéhovah sur le Mont Sinaï, étaient les vrais pères du judaïsme. Ils erraient parmi les tribus, prêchant que la guerre de l’un était la guerre de tous -et la guerre de Jéhovah. Leur but était le pouvoir et ils luttaient pour une théocratie, un État dans lequel Dieu est le souverain, et la religion est la loi. Durant la période des Juges, ils atteignirent leur but dans une certaine mesure, car ils étaient naturellement les Juges. Ce dont eux-mêmes, ainsi que Juda isolée, avaient le plus besoin était l’union avec Israël. Israël, qui se méfiait de ces prêtres législateurs, ne voulait pas entendre parler d’unification, à moins qu’elle ne se fasse sous l’autorité d’un roi ; tous les peuples environnants avaient des rois.
Les Lévites se saisirent de cette opportunité. Ils virent que si un roi était nommé, la classe dirigeante désignerait le candidat, et ils étaient la classe dirigeante. Samuel, à leur tête, mit en place une monarchie fantoche, derrière laquelle les prêtres exerçaient le véritable pouvoir ; cela fut accompli en stipulant que le roi règnerait seulement pour la vie, ce qui signifiait qu’il ne serait pas capable de fonder une dynastie. Samuel choisit un jeune paysan benjaminite, Saül, qui s’était fait un nom dans les guerres tribales et dont on pensait, sans doute, qu’il avait toutes les chances d’être malléable (le choix d’un benjaminite suggère qu’Israël refusait de songer à tout homme de Juda pour la royauté). Ce fut alors le début du royaume unifié d’Israël ; en vérité, il ne survécut qu’à ce seul règne, celui de Saül.
Dans le destin de Saül (c’est-à-dire dans le compte rendu qui en fut donné dans les Écritures postérieures), on peut discerner la nature sinistre du judaïsme, tel qu’on devait lui donner forme. On lui ordonna de commencer la guerre sainte en attaquant les Amalécites « et de détruire complètement tous leurs biens, et de ne pas les épargner ; mais de massacrer homme et femme, enfant et nourrisson, bœuf et mouton, chameau et âne ». Il détruisit « homme et femme, enfant et nourrisson » mais épargna le roi Agag et les meilleurs des moutons, bœufs, jeunes chevaux et agneaux. Il fut excommunié pour cela par Samuel, qui choisit secrètement un certain David, de Juda, comme successeur de Saül. Par la suite, Saül s’évertua en vain à exercer son zèle à la « destruction totale » afin d’apaiser les Lévites, puis essaya d’attenter à la vie de David afin de sauver son trône. Finalement, il mit fin à ses jours.
Il est possible que rien de tout ceci ne se soit passé ; ceci est le compte rendu donné dans le livre de Samuel, que les Lévites produisirent des siècles plus tard. Que cela soit vrai ou allégorique, l’importance réside dans l’évidente implication : Jéhovah exigeait une obéissance absolue quand il ordonnait la « destruction totale », et la miséricorde ou la pitié étaient des crimes capitaux. Cette leçon est soulignée dans de nombreuses autres descriptions d’événements qui furent peut-être historiques ou peut-être imaginaires.
Ce fut vraiment la fin, il y a trois mille ans, du royaume uni, car Israël refusa d’accepter pour roi David, l’homme de Juda. Le Dr Kastein raconte que « le reste d’Israël l’ignora » et proclama roi le fils de Saül, Ishbosheth, sur quoi la re-division entre Israël et Juda « eut vraiment lieu ». Selon Samuel, Ishbosheth fut tué et sa tête envoyée à David, qui là-dessus restaura une union nominale et fit de Jérusalem sa capitale. Il ne réunifia jamais véritablement le royaume ou les tribus ; il fonda une dynastie qui survécut un règne de plus.
Le judaïsme officiel maintient à ce jour que l’apogée messianique se produira sous un roi mondial de « la maison de David » ; et l’exclusion raciale est le premier principe du judaïsme officiel -et la loi de la terre dans l’État sioniste. Les origines de la dynastie fondée par David sont donc en rapport direct avec ce récit.
La discrimination et la ségrégation raciales étaient clairement inconnues des tribus, en ces temps de l’association entre Israël et Juda, car l’Ancien Testament raconte que David, le Judaïte, du haut de son toit, vit « une très belle femme » en train de se baigner, lui ordonna de venir vers lui et lui fit un enfant, puis fit envoyer son mari, un Hittite, se battre en première ligne, en ordonnant qu’il soit tué. Quand il fut mort, David ajouta la femme -Bethsabée -à ses épouses, et son second fils devint le prochain roi -Salomon (cette histoire de David et Bethsabée telle que relatée dans l’Ancien Testament est sortie en version expurgée dans un film hollywoodien de notre époque).
Ainsi était l’origine raciale de Salomon, le dernier roi de la confédération déchirée, selon les scribes lévitiques. Il commença son règne par trois meurtres, incluant celui de son frère, et chercha vainement à sauver sa dynastie par la méthode des Habsburg -le mariage, bien que sur une plus grande échelle. Il épousa des princesses venues d’Égypte et de nombreuses tribus voisines, et eut des centaines de concubines, si bien qu’en son temps aussi la ségrégation raciale devait être inconnue. Il construisit le Temple et établit une haute caste de prêtres héréditaires.
Ainsi fut l’histoire, terminée en 937 av. J.-C., de la brève association entre Israël et Juda. Quand Salomon mourut, les associés incompatibles se séparèrent finalement, et au nord Israël reprit sa vie indépendante. Le Dr Kastein raconte :
« Les deux États n’avaient pas plus en commun, en bien ou en mal,
que deux pays quelconques ayant une frontière commune.
Occasionnellement, ils se faisaient la guerre ou signaient des traités,
mais ils étaient entièrement séparés. Les Israélites cessèrent de croire
qu’ils avaient une destinée différente de celle de leurs prochains, et le
roi Jéroboam établit la séparation totale d’avec Juda aussi bien
religieusement que politiquement ».
Puis, le Dr Kastein ajoute à propos des Judaïtes :
« ils décidèrent qu’ils étaient destinés à évoluer en tant que race à
part… ils exigeaient un état d’existence fondamentalement différent
de celui des gens autour d’eux. Ces différences n’admettaient aucun
procédé d’assimilation aux autres. Elles exigeaient la séparation, la
différenciation absolue. »
Ainsi, la cause de la rupture et de la séparation devient-elle claire. Israël croyait que sa destinée était celle de la participation à l’humanité, et rejeta Juda sur les bases mêmes qui, de manière récurrente dans les trois mille ans qui suivirent, incitèrent d’autres peuples à se détourner du judaïsme avec inquiétude, ressentiment et rejet. Juda « exigeait la séparation, la différenciation absolue ». (Toutefois, le Dr Kastein, bien qu’il dise « Juda », veut parler des « Lévites ». Comment, à ce stade, les membres de la tribu de Juda auraient-ils même pu exiger « la séparation, la différenciation absolue », alors que Salomon avait eu un millier d’épouses ?)
C’étaient les Lévites, avec leur doctrine raciste, qu’Israël rejetait. Les deux cents ans qui suivirent, durant lesquels Israël et Juda existèrent séparément, et souvent en ennemis mais côte à côte, sont remplis des voix des « prophètes » hébraïques accusant les Lévites et la doctrine qu’ils étaient en train d’élaborer. Ces voix continuent d’interpeller l’humanité depuis les ténèbres tribales qui obscurcissent une grande partie de l’Ancien Testament, car elles éreintaient la doctrine qui était en cours d’élaboration tout comme Jésus l’éreinta sept ou huit cents ans plus tard -alors qu’elle était établie depuis longtemps -au Temple de Jérusalem.
Ces prophètes étaient presque tous des Israélites ; la plupart d’entre eux étaient des Joséphites. Ils étaient en route vers le Dieu unique de tous les peuples et la participation à l’humanité. En cela, ils n’étaient pas les seuls : bientôt, le Bouddha en Inde devait opposer à Bénarès son Sermon et ses Cinq Commandements de Droiture, à la doctrine de Brahma -le créateur de la ségrégation des castes -et à l’adoration des idoles. Ces hommes étaient des Israélites protestant contre les enseignements lévitiques qui seraient plus tard identifiés au nom de Juda. Le terme « prophètes hébraïques » est inadapté, parce qu’ils ne prétendaient pas au pouvoir de la divination, et étaient irrités par cette description (« Je n’étais pas prophète, je n’étais pas non plus fils de prophète », Amos). C’étaient des protestataires de leur époque et ils donnaient un simple avertissement contre les conséquences calculables de la doctrine raciale ; leurs avertissements restent valides aujourd’hui.
Les prétentions des prêtres lévites les conduisirent à ces protestations, en particulier la prétention des prêtres aux premiers-nés (« Ce qui ouvre le sein maternel est à moi », l’Exode), et l’insistance des prêtres sur les rites sacrificiels. Les protestataires israélites (pour qui cette « soit disant loi de Moïse » était inconnue, selon M. Montefiore) ne voyaient aucune vertu dans les bains de sang des prêtres, le sacrifice sans fin d’animaux et les « holocaustes », dont le « parfum suave » était censé plaire à Jéhovah. Ils reprochaient à la doctrine des prêtres le massacre et l’asservissement des « païens ». Dieu, criaient-ils, désirait une conduite morale, un comportement amical et la justice envers les pauvres, l’orphelin, la veuve et l’opprimé -et non les sacrifices sanglants et la haine envers les païens.
Ces protestations amenèrent les premières lueurs de l’aube qui arriva quelque huit cents ans plus tard. Ils se trouvaient en étrange compagnie parmi les injonctions au massacre dont l’Ancien Testament regorge. Ce qui est étrange est que ces protestations aient survécu à la compilation -alors qu’Israël était partie et que les Lévites, suprêmes en Juda, rédigeaient les Écritures.
Le chercheur d’aujourd’hui ne peut expliquer, par exemple, pourquoi le roi David tolère que Nathan le réprimande publiquement pour avoir pris la femme d’Uriah et avoir fait assassiner Uriah. Il est possible que parmi les scribes suivants qui compilèrent le récit historique, bien après le départ d’Israël et des protestataires israélites, il y en eût quelques-uns qui étaient du même esprit, et qui s’arrangèrent pour continuer leurs protestations de cette manière.
Inversement, ces passages bienveillants et éclairés sont souvent suivis par des passages fanatiques -attribués au même homme -qui annulent les passages précédents ou y mettent à la place leur opposé. La seule explication raisonnable est que ce sont des interpolations faites plus tard, pour aligner les hérétiques sur le dogme lévitique.
Quelle que soit l’explication, ces protestations israélites contre l’hérésie de Juda ont un attrait intemporel et constituent le monument à Israël disparue. Elles forcent leur chemin, telles de petites lames de vérité, entre les sombres pierres de la saga tribale. Elles montrent la voie vers la route qui monte et s’élargit, la route de la participation commune à l’humanité -loin de l’abîme tribal.
Élie et Élisée officiaient tous les deux en Israël, et Amos parlait uniquement aux Joséphites. Ce dernier, en particulier, attaqua les sacrifices sanglants et les rites des prêtres : « Je hais, je méprise vos fêtes et je ne prends aucun plaisir à vos assemblées solennelles. En vérité, même si vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accepte pas ; Et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, je ne les regarde pas. Éloignez de moi le bruit de vos chants » (les liturgies psalmodiées des Lévites) « et épargnez-moi le son de vos luths. Mais que la justice soit comme un courant d’eau, et la droiture comme un torrent puissant ». Puis vient le reproche éternel envers la doctrine du « peuple particulier » : « N’êtes-vous pas pour moi comme les enfants des Éthiopiens, Ô enfants d’Israël ? dit l’Éternel ».
Osée, un autre Israélite, dit : « Je désirais la miséricorde et pas le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes ». Osée exhorte à la pratique de « la justice et de la droiture », de « la charité, de la compassion et de la loyauté », et non de la discrimination et du mépris.
Du temps de Michée, les Lévites exigeaient apparemment toujours le sacrifice de tous les premiers-nés à Jéhovah :
« Avec quoi me présenterai-je devant l’Éternel, et me prosternerai-je devant le Dieu très haut ? Me présenterai-je devant lui avec des holocaustes, avec des veaux d’un an ? L’Éternel agréera-t-il de milliers de béliers ou de dix mille fleuves d’huile ? Donnerai-je pour mes transgressions mon premier-né, pour le péché de mon âme le fruit de mes entrailles ? On t’a fait connaître, Ô homme, ce qui est bien et ce que l’Éternel demande de toi : seulement que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu ».
Ces hommes luttèrent pour l’âme des membres des tribus pendant les deux siècles où Israël et Juda co-existèrent -quelquefois à couteaux tirés. Pendant cette période, les Lévites, disséminés auparavant parmi les douze tribus, furent amenés de plus en plus à se rassembler au sein de la minuscule Juda et à Jérusalem, et à concentrer leurs énergies sur les Judaïtes.
Puis, en 721 av. J.-C., Israël fut attaquée et conquise par l’Assyrie et les Israélites furent emmenés en captivité. Juda fut épargnée sur le moment, et pendant encore un siècle demeura un vassal insignifiant, de l’Assyrie d’abord et ensuite de l’Égypte, ainsi que le bastion de la secte lévitique.
À ce moment, les « enfants d’Israël » disparaissent de l’histoire, et si les promesses qui leur ont été faites doivent être acquittées, cette rédemption devra de toute évidence se faire depuis les rangs de l’humanité, à laquelle ils se mirent à participer et à laquelle ils se mélangèrent. Étant donné que l’ouest fut la destination prédominante dans les mouvements de populations durant les derniers deux mille sept cents ans, il est probable que beaucoup de leur sang coule dans les veines des peuples européens et américains.
La prétention judaïste, d’autre part, fut qu’Israël était totalement et à juste titre « perdue », parce qu’elle rejetait la doctrine lévitique et choisit le « rapprochement avec les peuples voisins ». Le Dr Kastein, dont voici les paroles, se réjouissait ardemment -presque vingt-sept siècles plus tard -de leur chute, pour cette raison précise :
« Les dix tribus du Nord, avec leur développement à part, s’étaient
tellement éloignées de leur famille du Sud que la chronique de leur
chute prend la forme d’une brève et simple déclaration factuelle
dénuée de toute expression de chagrin. Aucun poème épique, aucun
hymne funèbre, aucune condoléance ne marquèrent l’heure de leur
chute ».
Celui qui étudie la controverse de Sion doit chercher laborieusement avant de commencer à dévoiler ses mystères, mais très vite il découvre qu’en toutes choses, elle parle en deux langues : une pour « les païens », et une pour les initiés.
Les Lévites de cet ancien temps ne croyaient pas, de même que les sionistes d’aujourd’hui, que les Israélites « avaient disparu sans laisser de trace » (pour reprendre les termes du Dr Kastein). On les déclara « morts », de la même manière qu’aujourd’hui un juif se mariant hors de la communauté est déclaré mort (comme par exemple le Dr John Goldstein) ; ils furent excommuniés, et seulement dans ce sens ils « disparurent ».
Les peuples ne disparaissent pas comme ça ; les Indiens d’Amérique du Nord, les Blackfellows d’Australie, les Maoris de Nouvelle-Zélande, les Bantous d’Afrique du Sud et d’autres en sont la preuve. D’ailleurs, les Israélites n’auraient pas pu être « emmenés prisonniers » s’ils avaient été exterminés physiquement. Leur sang et leur pensée survivent dans l’humanité, quelque part, aujourd’hui.
Israël resta séparée de Juda de sa propre volonté et pour les raisons mêmes qui depuis ont suscité la méfiance et l’appréhension de la part des autres peuples. Les Israélites « n’étaient pas des juifs » ; les Judaïtes étaient « en toute probabilité non-israélites ».
On trouve la véritable signification de l’assertion qu’Israël « disparut » dans le Talmud -plus récent -qui affirme : « Les dix tribus n’ont pas de rôle à jouer dans le monde à venir ». Donc, « les enfants d’Israël » sont bannis du paradis par la secte dirigeante de Juda parce qu’ils refusèrent de s’exclure de l’humanité terrestre.
En 1918, le Grand rabbin de l’Empire britannique -le très révérend J.H. Herz, en réponse à une question sur ce point répondit explicitement :
« Le peuple connu présentement en tant que Juifs est le descendant
des tribus de Juda et de Benjamin, avec un certain nombre de
descendants de la tribu de Lévi ».
Cette déclaration fait bien comprendre qu’« Israël » n’eut aucun rôle dans ce qui devint plus tard le judaïsme (aucune autorité, judaïste ou autre, ne soutiendrait la prétention de descendre de Juda par le sang, pour les juifs d’aujourd’hui, mais cela importe peu).
Par conséquent, l’utilisation du nom « Israël » par l’État sioniste créé en Palestine durant ce siècle est de la nature de la falsification. Une raison sérieuse doit avoir imposé l’utilisation du nom d’un peuple qui n’était pas juif et qui n’acceptait aucune doctrine émanant de ce qui est devenu depuis le judaïsme. Une théorie défendable vient à l’esprit. L’État sioniste a été mis en place avec l’accord tacite des grandes nations de l’Occident -qui est aussi le territoire de la chrétienté. Le calcul fut peut-être que ces peuples seraient soulagés dans leurs consciences si on pouvait les amener à croire qu’ils accomplissaient la prophétie biblique et la promesse de Dieu à « Israël », quel que soit le coût de la « destruction » de peuples innocents.
Si telle était la motivation pour l’usage abusif du nom « Israël », l’expédient a sans doute, pour l’heure, été couronné de succès ; la multitude a été plus que facilement « convaincue » ? Cependant, la vérité finira par sortir, comme les protestations survivantes des prophètes israélites le montrent.
Si l’État sioniste de 1948 pouvait prétendre à quel que nom que ce soit tiré de la haute Antiquité, cela ne pourrait être que celui de « Juda », comme ce chapitre vient de le montrer. 


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La Controverse de Sion - par DOUGLAS REED (chap. 01)

Chapitre 1

LES DEBUTS DE L’AFFAIRE

Le véritable début de cette affaire prit place un jour de l’an 458 av. J.-C., date que ce récit atteindra au chapitre six. Ce jour-là, l’insignifiante tribu palestinienne de Juda (précédemment désavouée par les Israélites) produisit une doctrine raciste, dont l’effet perturbateur sur les affaires humaines postérieures dépassa peut-être celui des explosifs ou des épidémies. Ce fut le jour où la théorie de la race supérieure fut mise en place en tant que « Loi ».
En ce temps-là, Juda était une petite tribu parmi les peuples-sujets du roi de Perse, et ce qu’on connaît aujourd’hui comme « l’Occident » n’était même pas concevable. Maintenant, l’ère chrétienne a presque deux mille ans, et la « civilisation occidentale » qui en est issue est menacée de désintégration.
C’est la doctrine née en Juda il y a 2500 ans qui, de l’opinion de l’auteur, a principalement amené cela. Le procédé, de la cause originelle à l’effet actuel, peut être assez clairement retracé, parce que cette période est pour l’essentiel historiquement vérifiable.
La doctrine qu’un groupe de fanatiques produisit ce jour-là s’est montrée d’un grand pouvoir sur les esprits humains tout au long de ces vingt-cinq siècles ; d’où son exploit destructeur. Pourquoi elle est née à ce moment particulier, ou même jamais, cela rien ne peut l’expliquer. Cela fait partie des plus grands mystères de notre monde, à moins que la théorie comme quoi chaque action produit une réaction égale opposée ne soit valide dans le domaine de la pensée religieuse ; de sorte que l’impulsion qui, en ces temps reculés, lança de nombreux hommes à la recherche d’un Dieu aimant et universel produisit cette contre-idée violente d’une divinité exclusive et vengeresse.
Le juda-ïsme était rétrograde même en 458 av. J.-C., quand les hommes du monde connu commencèrent à détourner leurs regards des idoles et des dieux tribaux et à rechercher un Dieu de tous les hommes, un Dieu de justice et d’amitié entre voisins. Confucius et Bouddha avaient déjà montré ce chemin et l’idée d’un Dieu unique était connue parmi les peuples voisins de Juda. De nos jours on clame souvent que l’homme de foi, chrétien, musulman ou autre, doit présenter ses respects au judaïsme -quelles que soient ses erreurs ¬sur un terrain incontestable : ce fut la première religion universelle, si bien que dans un sens, toutes les religions universelles descendent de lui. On apprend cela à chaque enfant juif. En vérité, l’idée d’un Dieu unique de tous les hommes était connue bien avant que la tribu de Juda n’ait même pris forme, et le judaïsme était par dessus tout la négation de cette idée. Le Livre des Morts égyptien (dont les manuscrits furent trouvés dans les tombes des rois de 2600 av. J.-C., plus de deux mille ans avant que la « Loi » judaïque ne soit achevée) contient ce passage : « Tu es l’unique, le Dieu des tout premiers commencements du temps, l’héritier de l’immortalité, par toi seul engendré, tu t’es toi-même donné naissance ; tu a créé la terre et a fait l’homme. » Inversement, les Écritures produites dans la Juda des Lévites demandent, « Qui est comparable à toi, Ô Seigneur, parmi les Dieux ? » (l’Exode).
La secte qui rejoignit et mata la tribu de Juda prit ce concept émergent d’un Dieu unique de tous les peuples et l’inclut dans ses Écritures uniquement pour le détruire et pour dresser la doctrine basée sur sa négation. Ce concept est nié subtilement, mais avec mépris, et comme la doctrine est basée sur la théorie de la race supérieure, cette négation est nécessaire et inévitable. Une race supérieure, s’il doit y en avoir une, doit elle-même être Dieu.
La doctrine qui avait acquis la force de la justice en vigueur en Juda en 458 av. J.-C. était alors et est toujours unique au monde. Elle reposait sur l’assertion, attribuée à la divinité tribale (Jéhovah), que « les Israélites » (en fait, les Judaïtes) étaient son « peuple élu » qui, s’il accomplissait toutes ses « lois et jugements » serait placé au dessus de tous les autres peuples et établi sur une « Terre promise ». De cette théorie, que ce soit par anticipation ou nécessité imprévue, naquirent les théories pendantes de la « captivité » et de la « destruction ». Si Jéhovah devait être adoré, comme il le demandait, dans un certain lieu, sur une terre précise, tous ses adorateurs devaient vivre là-bas.
À l’évidence, tous ne pouvaient vivre là-bas, mais s’ils vivaient ailleurs, que ce soit contraints ou par leur propre choix, il devenaient automatiquement « captifs » de « l’étranger » qu’il devaient « chasser » « terrasser » et « détruire ». Étant donné ce principe de base de la doctrine, cela ne faisait aucune différence que les « géôliers » soient des conquérants ou des hôtes accueillants ; leur destinée décrétée devait être la destruction ou l’esclavage.
Avant qu’ils soient détruits et réduits en esclavage, ils devaient être pendant un temps les « géôliers » des Judaïtes, pas de leur propre fait, mais parce que les Judaïtes, ayant échoué à « l’observance » méritaient d’être punis. De cette manière-là, Jéhovah se révélait comme le Dieu unique de tous les peuples : même s’il ne « connaissait » que le « peuple élu », il utilisait les païens pour les punir de leurs « transgressions » avant d’« infliger » la destruction précédemment décrétée de ces païens.
Les Judaïtes s’étaient vu imposer cet héritage. Ce n’était même pas le leur, car leur « alliance » selon ces Écritures, avait été faite entre Jéhovah et « les enfants d’Israël », et en 458 av. J.-C., les Israélites, rejetant les Judaïtes non-israélites, avaient depuis longtemps été absorbés par les autres hommes, emportant avec eux la vision d’un Dieu de tous les hommes, aimant et universel. Les Israélites, de toute évidence, ne connurent jamais cette doctrine raciste qui devait être transmise tout au long des siècles en tant que religion juive, ou judaïsme. De tous temps, elle se présente comme le produit de la Juda des Lévites.
Ce qui se passa avant 458 av. J.-C. est en grande partie tradition, légende et mythologie, par opposition à la période suivante, dont les événements principaux sont connus. Avant 458 av. J.-C., par exemple, il n’y avait principalement que des « traditions orales » ; la période documentaire commence dans les deux siècles menant à 458 av. J.-C., quand Juda fut désavouée par les Israélites. C’est à ce stade que la perversion eut lieu, quand la tradition du bouche-à-oreille devint L’Écriture. Les paroles qui sont restées des anciens Israélites montrent que leur tradition était ouverte sur l’extérieur, amicale envers ses voisins, sous la guidance d’un Dieu universel. Cela fut changé en son opposé par les prêtres itinérants qui isolèrent les Judaïtes et établirent le culte de Jéhovah comme dieu du racisme, de la haine et de la vengeance.
Dans la tradition ancienne, Moïse était un grand chef de tribu qui entendit la voix d’un Dieu unique lui parler depuis un buisson ardent et qui redescendit d’une montagne en apportant au peuple les commandements moraux de ce Dieu unique. Cette tradition prit forme durant une période où l’idée de la religion évoluait d’abord dans les esprits humains et où les peuples s’empruntaient aux uns et aux autres leurs traditions et pensées.
On a déjà montré d’où l’idée d’un Dieu unique a pu venir, bien que les anciens Égyptiens aient pu la recevoir d’autres qu’eux-mêmes. Le personnage de Moïse lui-même, et sa Loi, furent tous les deux tirés de sources qui existaient déjà. L’histoire de la découverte de Moïse dans les joncs a manifestement été empruntée à la légende (à laquelle elle est identique) bien plus ancienne d’un roi de Babylone, Sargon l’Ancien, qui vécut entre un et deux mille ans avant lui ; les Commandements ressemblent beaucoup aux anciens codes de loi des Égyptiens, Babyloniens et Assyriens. Les anciens Israélites échafaudèrent sur des idées en cours, et de cette façon ils se trouvaient apparemment sur le chemin d’une religion universelle quand l’humanité les engloutit.
Alors Juda renversa le processus, si bien que l’effet est celui d’un film passé à l’envers. Les maîtres de Juda, les Lévites, pendant qu’ils rédigeaient leur Loi, s’emparèrent aussi de ce qu’ils pouvaient utiliser dans l’héritage d’autres peuples et l’incorporèrent à l’étoffe qu’ils étaient en train de tramer. Ils commencèrent avec le Dieu unique de tous les hommes, dont la voix avait été brièvement entendue depuis le buisson ardent (dans la tradition orale) et en l’espace de cinq livres de leur Loi écrite, le transformèrent en un Jéhovah raciste et marchandeur qui leur promettait terre, trésor, sang et pouvoir sur les autres en retour d’un rituel sacrificiel, qui devait être tenu en un lieu précis sur une terre spécifique.
Donc, ils fondèrent le contre-mouvement permanent à toutes les religions universelles et assimilèrent le nom de Juda à la doctrine du retranchement du reste de l’humanité, de la haine raciale, du meurtre au nom de la religion, et de la vengeance.
Cette perversion ainsi accomplie peut être retracée dans l’Ancien Testament, où Moïse apparaît d’abord en porteur des commandements moraux et en bon voisin, et finit en boucher raciste, les commandements moraux ayant été transformés en leurs opposés entre l’Exode et les Nombres. Au cours de cette même transmutation, le Dieu qui commence par commander au peuple de ne pas tuer ou convoiter les biens ou les femmes de ses voisins, finit en ordonnant un massacre tribal d’un peuple voisin, dont seules les vierges auraient la vie sauve !
Donc, l’exploit des prêtres itinérants qui se rendirent maîtres de la tribu de Juda il y a si longtemps, fut de détourner un petit peuple captif de l’idée grandissante d’un Dieu de tous les hommes, afin de réintégrer une divinité tribale assoiffée de sang et une loi raciste, et d’envoyer les disciples de cette doctrine à travers les siècles, porteurs d’une mission destructrice.
La doctrine, ou révélation de Dieu telle qu’elle est présentée, était basée sur une version de l’Histoire, dont chaque événement devait se conformer à, et confirmer l’enseignement.
Cette version de l’Histoire remontait à la création, dont le moment exact était connu ; comme les prêtres prétendaient aussi posséder l’avenir, c’était une Histoire et une théorie complètes de l’univers du début à la fin. La fin devait être l’apogée triomphale à Jérusalem, où la domination du monde serait établie sur les ruines des païens et de leurs royaumes.
Le thème de la captivité de masse, se terminant en vengeance jéhovienne (« tous les premiers-nés d’Égypte »), apparaît quand cette version de l’Histoire atteint la phase égyptienne, menant à l’exode massif et à la conquête massive de la Terre promise. Cet épisode était nécessaire pour que les Judaïtes soient organisés en une force pertubatrice permanente au sein des nations, et il fut manifestement inventé pour cette raison ; les érudits judaïstes conviennent que rien ne ressemblant au récit de l’Exode n’est en fait arrivé.
L’existence même de Moïse est contestée. « Ils vous racontent », disait le feu rabbin Emil Hirsch, « que Moïse n’a jamais existé. J’acquiesce. S’ils me disent que l’histoire venue d’Égypte est de la mythologie, je ne protesterai pas ; c’est de la mythologie. Ils me disent que le livre d’Isaïe, tel que nous le connaissons maintenant, est composé d’écrits d’au moins trois et peut-être quatre périodes différentes ; je le savais avant même qu’ils ne me le disent ; avant qu’ils ne le sachent, j’en étais convaincu. »
Que Moïse ait existé ou non, il ne peut avoir mené d’exode massif d’Égypte jusqu’en Canaan (Palestine). Aucune tribu israélite clairement définie n’existait (d’après le rabbin Elmer Berger) à un quelconque moment durant la période où quiconque se faisant appeler Moïse était censé avoir emmené quelques petits groupes de personnes hors de l’esclavage égyptien. Les Habiru (Hébreux) étaient alors déjà établis en Canaan, et y étaient arrivés de l’autre côté par Babylone, longtemps auparavant : leur nom, Habiru, ne dénotait aucune identité raciale ou tribale ; il signifiait « nomades ». Bien avant qu’un quelconque petit groupe conduit par Moïse n’ait pu arriver, ils avaient envahi de larges territoires canaanéens, et le gouverneur de Jérusalem avait rapporté au pharaon d’Égypte : « Le Roi n’a plus aucun territoire, les Habiru ont dévasté tout le territoire du Roi ».
Un historien sioniste des plus zélés, le Dr Josef Kastein, est tout aussi précis à ce sujet. Il sera souvent cité tout au long de ce récit parce que son livre, comme celui-ci, couvre la durée entière de la controverse de Sion (exceptés les derniers vingt-deux ans -il fut publié en 1933). Il nous dit : « D’innombrables autres tribus sémites et hébraïques étaient déjà installées sur la Terre promise qui, dit Moïse à ses adeptes, était à eux par droit ancien de succession ; qu’importe si les conditions réelles en Canaan avaient depuis longtemps effacé ce droit et l’avaient rendu illusoire. »
Le Dr Kastein, un fervent sioniste, maintient que la Loi établie dans l’Ancien Testament doit être appliquée à la lettre, mais il ne prétend pas prendre au sérieux la version de l’histoire sur laquelle cette Loi est basée. En cela il diffère des polémistes chrétiens de l’école « chaque mot est vrai ». Il maintient que l’Ancien Testament était en fait un programme politique, rédigé pour répondre aux conditions d’une époque, et fréquemment révisé afin de répondre aux conditions changeantes.
Historiquement, donc, la captivité égyptienne, le massacre de « tous les premiers-nés d’Égypte », l’exode et la conquête de la Terre promise sont des mythes. L’histoire a été inventée, mais la leçon, celle de la vengeance sur les païens, a été implantée dans les esprits humains et son effet profond se prolonge de nos jours.
Cela fut de toute évidence inventé pour détourner les Judaïtes de la tradition ancienne du Dieu qui, depuis le buisson ardent, dicta une simple loi de conduite morale et d’amitié entre voisins ; par l’insertion d’un incident imaginaire et allégorique présenté comme une vérité historique, cette tradition fut convertie en son opposé et la « Loi » de l’exclusion, de la haine et de la vengeance fut établie. Avec cela comme religion et comme héritage, attesté par le récit historique qui lui était annexé, on envoya un petit groupe d’êtres humains vers l’avenir.
Une fois arrivé au temps de cet accomplissement de l’année 458 av. J.-C., plusieurs siècles après toute période possible durant laquelle Moïse avait pu vivre, beaucoup de choses s’étaient passées en Canaan. Les nomades Habiru, évinçant les natifs canaanéens par pénétration, intermariage, installation ou conquête, s’étaient débarrassés d’une tribu du nom de Ben Yisrael, ou les Enfants d’Israël, qui avait éclaté en plusieurs tribus, très vaguement confédérées et se faisant souvent la guerre. La plus grosse de ces tribus, les Israélites, possédait le nord de Canaan. Au sud, isolés et entourés par les peuples canaanéens d’origine, une tribu du nom de Juda avait pris forme. C’était la tribu d’où la doctrine raciste et les mots tels que « judaïsme » et « juif » émergèrent au cours des siècles.
Dès le moment où elle apparaît pour la première fois en tant qu’entité, cette tribu de Juda a l’air étrange. Elle était toujours isolée, et ne s’entendait jamais avec ses voisins. Ses origines sont mystérieuses. Depuis le début elle semble, avec son nom de mauvais augure, quelque peu avoir été mise à l’écart -plutôt qu’avoir été « élue ». Les Écritures lévitiques l’incluent parmi les tribus d’Israël, et comme les autres tribus s’étaient mêlées à l’humanité, cela en faisait la dernière prétendante aux récompenses promises par Jéhovah au « peuple élu ». Cependant, même cette prétention semble être fausse, car l’Encyclopaedia Juive dit objectivement que Juda était « selon toute probabilité une tribu non-israélite ».
Cette tribu à l’aspect curieux fut celle qui se mit en route vers l’avenir, emportant sous son bras la doctrine formulée par les Lévites, à savoir qu’elle était le « peuple élu » de Jéhovah et que, quand elle aurait accompli « toutes mes lois et jugements », hériterait d’une Terre promise et de la domination sur tous les peuples.
Parmi ces « lois et jugements » tels que les Lévites les éditèrent finalement, apparaissaient de manière répétée les commandes « détruire totalement », « terrasser », « chasser ». Juda était destinée à produire une nation ayant pour but la destruction. 



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La Controverse de Sion - par DOUGLAS REED (Préface)

"Car c'est un jour de vengeance pour Yahvé, une année de revanche dans la controverse de Sion" Isaïe 34:8

« Un événement a eu lieu, dont il est difficile de parler et qu’il est impossible de taire » Edmund Burke, 1789.

NOTE DE L’AUTEUR
Toutes les italiques présentes dans ce livre ont été ajoutées par l’auteur, dans le but de diriger l’attention sur un mot ou un passage qu’il tient pour être d’une importance particulière. Lorsqu’une citation est faite sans mentionner sa source, elle est issue de la dernière source précédemment citée.


UNE PRÉFACE
par Ivor Benson
L’Auteur : en Europe, durant les années qui précédèrent et suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, le nom de Douglas Reed était sur toutes les lèvres ; ses livres se vendaient par dizaines de milliers, et il était extrêmement connu au sein du monde anglophone, par une immense foule de lecteurs et d’admirateurs. Ancien correspondant pour le Times de Londres en Europe Centrale, il avait acquis une grande renommée grâce à des livres comme Insanity Fair, Disgrace Abounding, Lest We Regret, Somewhere South of Suez, Far and Wide et plusieurs autres, chacun d’eux élargissant au centuple les possibilités qui lui étaient offertes alors en tant que l’un des principaux correspondants mondiaux à l’étranger.
La disparition de Douglas Reed et de toutes ses œuvres dans un oubli presque total fut un retournement que le temps seul n’aurait pu provoquer ; à vrai dire, la justesse de son interprétation du déroulement de l’histoire des époques trouva confirmation dans ce qui lui arriva alors qu’il était au sommet de sa gloire.
Après 1951, avec la publication de Far and Wide, où il plaçait l’histoire des États-Unis d’Amérique dans le contexte de tout ce qu’il avait appris en Europe sur la politique internationale, Reed se retrouva banni des librairies, tous les éditeurs lui fermèrent leurs portes, et les livres déjà publiés se trouvèrent sous la menace d’être retirés des rayons, « perdus » et jamais remplacés.
Sa carrière publique en tant qu’écrivain désormais (en apparence) terminée, Reed était au moins libre d’entreprendre un grand projet pour lequel tout ce qui s’était passé auparavant n’avait été qu’une sorte de préparation et d’éducation qu’aucune université n’aurait pu fournir et que seuls quelques rares chanceux et surdoués auraient pu utiliser à bon escient : ses années en tant que correspondant à l’étranger, ses voyages en Europe et en Amérique, ses conversations et contacts avec les grands leaders politiques de son temps, ajoutés à son absorption avide, par la lecture et l’observation, de tout ce qu’il y avait de mieux dans la culture européenne.
Les expériences que d’autres hommes auraient acceptées comme des défaites ne servirent qu’à concentrer les facultés de Douglas Reed sur ce qui deviendrait son entreprise la plus importante -rechercher et re-raconter l’Histoire des deux derniers millénaires et plus, d’une manière à rendre intelligible une grande partie de l’Histoire moderne, qui de nos jours reste pour les masses plongée dans les ténèbres et étroitement gardée par la terreur d’un système de censure invisible.
Le Livre : l’ayant commencé en 1951, Douglas Reed passa plus de trois ans -pour la plupart loin de sa femme et de ses jeunes enfants ­à travailler à la Bibliothèque centrale de New York, ou à taper sur sa machine à écrire dans des logements spartiates à New York ou à Montréal. Avec un zèle de professionnel, le livre fut réécrit -ses 300 000 mots -et l’épilogue seulement ajouté en 1956.
L’histoire même du livre -les circonstances inhabituelles dans lesquelles il fut écrit, et comment le manuscrit, après être resté caché pendant plus de 20 ans, est apparu à la lumière et est enfin devenu publiable -fait partie de l’Histoire de notre siècle, jetant la lumière sur un combat dont les foules ne savent rien : celui mené continuellement et avec acharnement sur le champ de bataille de l’esprit humain.
Il fallait une source inhabituelle de pouvoir et de motivation spirituels pour arriver à terminer un si gros livre, exigeant une recherche et un travail de recoupement si laborieux ; de plus, un livre qui semblait n’avoir pratiquement aucune chance d’être publié du vivant de l’auteur.
Même si la correspondance prouve que le titre fut brièvement discuté avec un éditeur, le manuscrit ne fut jamais soumis, restant à l’écart pendant 22 ans, rangé dans trois fichiers attachés ensemble au dessus d’une armoire dans la maison de Reed à Durban, en Afrique du Sud.
Détendu et en paix avec lui-même, dans la certitude qu’il avait mené son grand projet aussi loin que possible dans les circonstances du moment, Douglas Reed accepta sa retraite forcée de journaliste et d’écrivain, laissa derrière lui tout ce qui appartenait au passé et s’adapta joyeusement à un mode de vie différent, dans lequel la plupart de ses nouveaux amis et connaissances, charmés par son esprit vif et son sens de l’humour savoureux, restèrent des années à ignorer qu’il était en fait le Douglas Reed de renommée littéraire.
Il était sûr d’une chose, que cela arrive ou non de son vivant : un temps viendrait où les circonstances permettraient, et où l’on trouverait les moyens de communiquer au monde son message de l’Histoire réécrite, et le message central du christianisme réaffirmé. Interprétation : car le reste, La Controverse de Sion, parle de lui-même ; en fait, c’est un travail d’Histoire révisionniste et d’exposition religieuse dont le message central est révélé à pratiquement chaque page, compréhensif et compatissant envers les peuples mais sévèrement critique des ambitions démesurées et dangereuses de leurs dirigeants.
Dans le dernier chapitre, sous le titre Le Climatère, Douglas Reed fait remarquer que s’il avait pu tout planifier quand il commença à écrire son livre en 1949, il n’aurait pu choisir un meilleur moment que les derniers mois de 1956 pour réviser la longue histoire du sionisme talmudique et la réexaminer avec en toile de fond ce qui se passait alors sur la scène politique mondiale.
Car 1956 fut l’année d’une autre élection présidentielle américaine durant laquelle, une fois encore, les sionistes démontrèrent leur pouvoir décisif d’influence sur la politique occidentale ; ce fut l’année durant laquelle les nations occidentales restèrent en spectateurs impuissants tandis que les forces soviétiques étaient utilisées pour écraser une révolte spontanée et réinstaller un régime judéo­communiste en Hongrie ; et ce fut l’année où la Grande-Bretagne et la France, sous la pression sioniste, furent entraînées dans le fiasco désastreux d’une tentative pour s’emparer du canal de Suez -une aventure à l’issue de laquelle, une fois encore, seule Israël en tira un quelconque avantage.
Tout ce qui s’était passé depuis que Reed avait écrit ces dernières phrases en 1956 avait continué à appuyer la justesse de son interprétation de plus de 2000 ans d’Histoire mouvementée.
Le Moyen-Orient demeura une zone d’intense activité politique et de falsification maximale des informations et de suppression d’un véritable débat, et seuls les quelques rares informés du rôle du sionisme talmudique et du communisme auraient pu avoir la moindre chance de résoudre le problème d’événements successifs d’importance majeure, tels que la prétendue Guerre de Six Jours de 1967 et l’invasion massive israélienne du Liban en 1982.
Ceux qui ont lu La Controverse de Sion ne seront pas surpris d’apprendre qu’il y eut des signes évidents de connivence entre l’Union soviétique et Israël dans la précipitation de l’attaque israélienne envers l’Égypte, car c’était seulement parce que le colonel Nasser avait été averti par les patrons du Kremlin qu’Israël était sur le point d’attaquer l’allier syrien de l’Égypte, qu’il déplaça toutes ses forces armées à la frontière nord de son pays, où elles devinrent une proie facile pour l’armée israélienne largement supérieure.
Il semblait que rien n’avait changé quand en 1982 Israël lança une attaque massive des plus impitoyables sur le Sud Liban, prétendument dans le but de déraciner l’Organisation de Libération de la Palestine, mais en réalité pour servir une politique expansionniste à propos de laquelle les dirigeants juifs ont toujours été d’une franchise remarquable.
Cependant à la même période, la mythologie pro-sioniste générée par les politiciens et les média occidentaux, dans laquelle Israël était toujours représentée comme une nation minuscule et vertueuse en besoin constant d’aide et de protection, commençait visiblement à perdre une grande partie de sa crédibilité, si bien que peu furent étonnés quand l’Institut britannique d’études stratégiques annonça qu’Israël pouvait maintenant être regardée comme la quatrième puissance militaire mondiale, après les États-Unis, l’Union soviétique et la République populaire de Chine -loin devant des nations comme la Grande-Bretagne et la France.
Encore plus profondément significative fut la réaction du peuple juif, en Israël et à l’extérieur, à un triomphe apparent des forces sionistes au Liban. Tandis que les politiciens et les média occidentaux montraient une timide retenue dans leurs commentaires, même après l’annonce du massacre d’un nombre estimé à 1500 hommes, femmes et enfants dans deux camps de réfugiés de Beyrouth, 350 000 habitants de Tel Aviv organisèrent une manifestation publique contre leur gouvernement, et la presse juive rapporta que la controverse sur la guerre du Liban avait ébranlé l’armée israélienne et affecté tous les rangs.
De cela aussi, Douglas Reed semble avoir eu quelque pressentiment, car parmi les derniers mots de son livre figurent ceux-
ci : « Je crois que les juifs du monde entier commencent eux aussi à voir l’erreur du sionisme révolutionnaire, le jumeau de l’autre mouvement destructeur, et à la fin de ce siècle, ils décideront enfin de se mêler au commun des mortels.

IVOR BENSON
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dimanche 7 novembre 2010

La Rencontre de la gauche arabe - Beyrouth, 22-23 octobre 2010


LE COMMUNIQUÉ FINAl :
Unir la gauche arabe pour le changement démocratique Renforcer la résistance contre les projets impérialistes
En présence de plusieurs représentants de partis et organisations affiliés, la coordonnatrice de la Rencontre de la gauche arabe, Marie Nassif-Debs, a tenu, le jeudi 4 décembre 2010, une conférence de presse durant laquelle elle a lu le communiqué final de la Rencontre (ci-dessous) :

« La Rencontre de la gauche arabe s’est tenue à Beyrouth, les 22 et 23 octobre 2010, dans des conditions économiques et politiques qui annoncent des développements exceptionnels et profonds, sur les deux plans arabe et international, dus à la nouvelle offensive impérialiste-sioniste contre le monde arabe, mais aussi à acuité de la crise générale du régime capitaliste international, à l’approfondissement de ses contradictions et à l’ébranlement de ses positions.
« A la suite de la guerre froide, de la chute de l’Union soviétique et de l’échec du régime socialiste, le monde arabe a été le témoin direct de nombreuses tentatives étasuniennes visant à mettre la main, unilatéralement, sur le monde, sous la direction des néo-conservateurs et des néo-libéraux qui, en plus du slogan concernant le « Nouveau régime mondial », tentent toujours de créer dans notre région ce qu’ils appellent le « Nouveau Moyen Orient » qui, sous prétexte de « répandre la démocratie et les droits de l’homme », vise à morceler nos pays. Des guerres sans fin sont menées par les Etats-Unis, leurs alliés dans l’OTAN et Israël, en plus des forces réactionnaires arabes qui furent enrôlées, durant la guerre froide, afin de s’opposer, tantôt au nom de la religion, tantôt sous d’autres formes aux forces de la démocratie et du progrès.
« Cette offensive, il est vrai, s’est vite rétractée aujourd’hui, devant la résistance des peuples. Cependant, tout en délaissant les allégations concernant la démocratie et les droits de l’homme, elle tente de mettre en avant-scène la défense de la « tempérance » qui cache, en réalité, des politiques conservatrices opposées aux forces de libération nationale qui expriment les intérêts et les aspirations des masses populaires les plus larges. De plus, elle poursuit ses objectifs en attisant les conflits religieux et confessionnels, œuvrant ainsi dans le sens de la nouvelle stratégie impérialiste basée sur le slogan fasciste « le conflit des civilisations ». Ce contenu est mis, de plus en plus, en lumière par l’explosion de la crise du régime capitaliste mondial, qui n’est pas près d’être résolue, mais aussi par la lutte de classes dans les pays capitalistes et par la chute de slogans tels « la troisième voie » et « la fin de l’histoire ».
« Il faut dire que la crise capitaliste ne touche pas seulement les forces sociales arabes qui avaient lié leur sort à celui du régime capitaliste globalisé et dominé par les États-Unis, mais aussi certaines forces du mouvement anti-impérialiste, qui ne possèdent pas un programme de libération économique et social, ce qui les pousse à négocier avec les États-Unis, prétendant l’existence d’un projet américain différent de celui préconisé par Israël.
« Cette crise et ses répercussions constituent, aujourd’hui, une opportunité pour la gauche arabe de mener la lutte contre la nature sauvage du stade capitaliste actuel, de mobiliser et d’organiser le combat du mouvement progressiste arabe, tout en unifiant les forces de la gauche face à l’agressivité impérialiste-sioniste sur tous les plans, que ce soit la lutte armée ou les luttes politiques, économiques, sociales, culturelles et idéologiques. L’objectif : le changement démocratique qui ne doit pas relever d’un pays arabe, mais qui doit être le fait des forces et des partis de la gauche dans tous les pays arabes.
A partir de cette analyse, les forces de la gauche arabe participant à la Rencontre de Beyrouth trouvent que :
1-La première tâche des forces de la gauche réside, aujourd’hui, dans la résistance par tous les moyens aux projets d’agression impérialistes-sionistes, et, ce, dans l’objectif de se débarrasser de toutes les forces d’occupation. La Rencontre, tout en s’inclinant devant les sacrifices des martyrs (es) de cette résistance ainsi que des détenus (es) dans les prisons de l’occupation étasunienne et israélienne, en particulier les leaders de l‘action nationale, fait appel aux forces de gauche dans le monde afin d’œuvrer plus activement à leur libération.
Dans ce combat pour la libération, aux côtés d’autres résistants, les forces de gauche doivent mettre en avant leur programme pour le changement.
2-Le titre essentiel du programme de changement est celui de l’instauration d’un régime national démocratique qui constitue, à lui seul, une alternative aux gouvernements inféodés à l’impérialisme. Pour réaliser cette tâche, les forces de gauche doivent œuvrer dans le sens de réorganiser les rangs de la classe ouvrière arabe, ainsi que des paysans, des couches populaires et des intellectuels progressistes, afin que chacun puisse assumer le rôle qui lui échoit dans le processus du changement démocratique.
3-La Rencontre de la gauche arabe affirme que la cause palestinienne reste la cause centrale dans le conflit arabo-israélien. Elle affirme aussi le droit inaliénable au retour du peuple palestinien dans la terre de ses ancêtres, à décider de son sort en proclamant, unilatéralement, son État national, ayant Al Quds pour capitale, et à réaliser le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs terres desquelles ils ont été chassés en 1948. Elle appelle les peuples arabes à faire pression sur leurs gouvernements afin de reconnaître l’Etat palestinien, mais aussi de mettre fin aux relations que certains gouvernements entretiennent avec Israël. Sur ces bases, elle insiste sur la poursuite de la lutte pour l’arrêt définitif de la colonisation des terres palestiniennes et demande aux forces nationales palestiniennes de mettre fin aux divisions intestines et de recouvrer leur unité nationale.
4-La Rencontre de la gauche arabe voit la nécessité de mettre en avant la poursuite de l’œuvre de libération des territoires toujours occupés par Israël dans le Golan et au Sud-Liban, ainsi que celle visant à se libérer des forces d’occupation étasuniennes et toutes les forces d’occupation étrangères présentes en Irak. Sans oublier la liquidation des bases militaires et l’opposition aux projets impérialistes-sionistes et réactionnaires arabes visant le déclenchement de guerres confessionnelles et ethniques afin de morceler les pays arabes en mini-États faibles et antagonistes.
5-La réalisation de ces tâches doit se baser sur le renforcement du programme de gauche dans chaque pays arabe, selon sa situation concrète propre. Ainsi, on pourra parvenir au renouveau de la démocratie, à la justice sociale et à garantir les libertés essentielles des minorités religieuses et ethniques dans le cadre de la citoyenneté et de l’égalité.
6-La Rencontre de la gauche arabe insiste sur l’importance de la lutte des peuples arabes pour un changement démocratique véritable basé sur la laïcité, et ce qu’elle signifie en tant que droit à la citoyenneté et à l’égalité, ainsi que sur le respect des conventions internationales concernant les droits de l’Homme sur les plans politique et social, le droit de former des partis politiques et des syndicats pour défendre les droits et les intérêts essentiels des peuples, le droit de voter librement, afin d’interdire la pérennité de l’emprise des régimes arabes instaurés.
7-La Rencontre de la gauche arabe fait sienne la cause féminine en tant que partie intégrante de la cause nationale. Elle appuie les revendications concernant l’égalité des droits, la mise en pratique, temporairement, du quota féminin et, surtout, la rédaction de propositions appelant à la suppression de toutes formes de discrimination à l’encontre des femmes arabes, tout en luttant contre la violence faite aux femmes.
8-La Rencontre de la gauche attache une importance spéciale aux problèmes des jeunes qui se trouvent dans une impasse créée par les régimes inféodés au capitalisme en crise. Elle voit que ces régimes, de part leur nature de classe et l’impossibilité de la bourgeoisie compradore de prendre en considération la situation des générations nouvelles, empêchent les jeunes d’accéder aux produits de la révolution scientifique et technologique ou de mettre leur potentiel créateur au service du développement économique. Par contre, ces régimes poussent les jeunes à l’émigration et à s’enrôler dans des conflits confessionnels et ethniques à caractères nihilistes.
Partant de cette situation, a Rencontre a décidé d’organiser, annuellement, une université d’été au Liban durant laquelle les jeunes peuvent discuter de leurs problèmes et mettre au point des programmes d’actions concrètes concernant leurs droits et leur rôle dans le changement démocratique.
9-La Rencontre de la gauche arabe considère qu’elle est concernée par tout ce qui touche aux aspirations des peuples arabes concernant l’Unité. Elle appuie toutes les initiatives appelant à une telle notion.
10-La Rencontre de la gauche arabe appelle à développer la coordination entre les syndicalistes de gauche, mais aussi du peuple de gauche dans toutes les organisations sociales et de masse, sur les deux plan arabe et international, dans le but de renforcer le rôle de ces organisations dans la lutte visant garantir la démocratie, la justice sociale et l’égalité. Elle considère que les forces de la gauche et des forces démocratiques doivent participer plus activement à propager la culture de la démocratie dans le monde arabe, mais aussi à réaliser l’essor intellectuel et civilisationnel sur des bases modernistes, ouvertes sur les acquis de la pensée humaine et se distinguant des projets visant à imposer des conceptions sociétaires réactionnaires.
11-La Rencontre de la gauche arabe affirme que la lutte qu’elle mène sur les plans socio-démocratiques fait partie de la lutte des travailleurs et des peuples opprimés pour la libération nationale et sociale. Elle œuvrera dans le sens de la consolidation des liens de solidarité internationale entre la gauche arabe et la gauche dans le monde.
12-La rencontre de la gauche arabe appelle, enfin, toutes les forces de la gauche arabe à communiquer et à coopérer entre elles, afin d’implanter les bases de coopération répondant aux aspirations des peuples arabes concernant la libération nationale et l’unité face à l’ennemi impérialiste-sioniste. Dans ce sens, elle se constitue en comité de suivi afin de proposer un programme commun et de coopérer avec les autres forces nationales et démocratique. Le premier pas de ce programme sera la préparation d’une conférence économique spécialisée dont le but sera d’étudier les développements de la crise économique internationale et ses répercussions sur les pays arabes, afin de mettre au point une vision nouvelle selon une alternative démocratique socialiste.
Le Comité de suivi créé fut chargé de poursuivre les contacts avec les partis de gauche et autres partis démocratiques ; et, ce, afin de tenir une réunion élargie dans un an. Le Parti Communiste libanais fut désigné comme étant le coordonnateur durant la première année.
Beyrouth, le 6 novembre 2010 

Liens externes:
Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
http://www.aloufok.net/spip.php?article2